Les intelligences artificielles dépenseront-elles notre argent ?

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L’intelligence artificielle ne se contente plus de répondre à nos questions, de rédiger nos textes ou d’analyser des données. Elle commence désormais à agir dans le monde économique à notre place.


Revolut et Visa viennent ainsi de franchir une étape importante en réalisant en France une expérimentation de paiement initié par une intelligence artificielle en conditions réelles.


Jusqu’à présent, les innovations dans les moyens de paiement avaient principalement transformé l’instrument. Nous sommes passés des espèces au chèque, du chèque à la carte bancaire, puis au paiement sans contact et au smartphone. Mais l’homme demeurait à l’origine immédiate de l’acte car il choisissait et il payait.


Avec l’intelligence artificielle des " agents ", le changement se révèle d’une autre nature. Une IA peut rechercher un produit, comparer différentes offres, sélectionner une solution et dans un cadre préalablement défini par l’utilisateur aller jusqu’à l’acte de paiement.


Nous ne sommes donc plus seulement face à une évolution des moyens de paiement. Nous assistons potentiellement à une transformation de l’acte économique lui-même. Pendant longtemps, l’ordinateur exécutait une décision humaine. Désormais, la machine peut analyser une situation et accomplir une succession d’actions permettant d’atteindre un objectif.


Pour les banques et le secteur financier, les perspectives sont considérables... Je cite entre autres l'automatisation de certains achats, la gestion intelligente des dépenses, l'optimisation des abonnements ou des assistants financiers capables d’exécuter certaines opérations.


Toutefois, cette évolution pose également des questions essentielles de sécurité, de consentement, de responsabilité et de lutte contre la fraude. Une erreur dans un texte généré par une IA peut être corrigée. Une erreur dans une opération financière peut immédiatement avoir des conséquences patrimoniales, parfois durables voire incalculables.


Derrière la prouesse technologique apparaît donc une question profondément philosophique : jusqu’où l’homme souhaite-t-il déléguer sa capacité de décision ? La véritable révolution de l’intelligence artificielle ne réside peut-être pas dans sa capacité à « penser » comme nous, mais dans notre volonté de l’autoriser à agir pour nous.


Après avoir confié aux machines une partie de nos calculs, de notre mémoire et de notre travail intellectuel, nous commençons à leur déléguer certaines actions économiques.


La question n’est donc plus seulement que peut faire l’intelligence artificielle ? Elle devient, de fait, que voulons-nous réellement lui permettre de faire à notre place ?


 

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