Vous savez, dans les milieux populaires, on appelle souvent la police les « condés ». C’est une expression bien ancrée dans le langage de la rue, mais dont l’origine reste méconnue de la plupart.
Pourtant, ce mot nous ramène à l’un des épisodes les plus troublés de l’histoire de France : la Fronde, au milieu du XVIIe siècle.
À cette époque, Paris est aux mains des frondeurs et le pouvoir royal vacille. Louis II de Bourbon, prince de Condé, figure centrale du conflit, voit ses partisans prendre le contrôle de certains quartiers. Ce sont alors les hommes de Condé qui assurent le maintien de l’ordre à leur manière.
Leur réputation est désastreuse auprès de mes ancêtres parisiens. Brutalité, abus de pouvoir, excès en tout genre : leur passage laisse un souvenir amer et tenace dans la population parisienne.
Dans l’imaginaire collectif, les « condés » deviennent rapidement synonymes de force autoritaire, arbitraire et oppressive. Avec le temps, par glissement de sens, le nom « Condé » finit par désigner toute autorité de police.
Ce qui n’était au départ qu’une référence à une troupe particulière s’est mué en terme générique pour qualifier ceux qui incarnent la contrainte et l’ordre public.
Derrière ce mot du quotidien se cache donc toute une mémoire historique faite de révoltes, de violences et de rancœurs populaires qui ont traversé les siècles.
Si vous souhaitez poursuivre la discussion ou approfondir ces réflexions, je vous invite à me contacter.

Commentaires
Enregistrer un commentaire